nov 6 2012

Le Te Deum

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Le Te Deum est une réussite de solenité religieuse, propre aux cérémonies nationales pour célébrer la victoire.

Les six morceaux chantés qui le composent  sont suivis d’une Marche instrumentale pour la présentation aux drapeaux d’une couleur militaire triomphale. Dans ses mémoires, Berlioz expliqua que le troisième chœur d’enfants, ajouté aux deux autres chœurs d’adultes, représentait le peuple mêlant de temps en temps sa voix à la grande cérémonie de musique sacrée. Il décrivit l’orgue et l’orchestre spatialement distants, comme deux puissances égales en opposition harmonieuse. Berlioz a adroitement repensé tout le plan de succession des versets de l’hymne.

 

N°1

L’hymne du « Te Deum  laudamus » instaure d’emblée un dialogue de « titans » entre les grandes orgues et l’orchestre, par de longs accords ponctués de silences. Suit une écriture fuguée aussi ferme qu’originale, parsemée d’immenses unissons syllabiques. Le contre sujet et la reprise flamboyante de la fugue culminent dans une prodigieuse modulation pianissimo.

 

 N°2

Durant cet hymne rituel en trois parties, très en contraste avec ce qui précède, l’orgue ouvre le « Tibi omnes » sur le ton d’une méditation qui va permettre l’intervention de chaque couple de pupitre. Grâce intérieure et joie débordante s’alternent dans un sanctus où plane une poésie romantique éthérée et un gloria irrésistiblement attiré vers le fortissimo. 

 

N°3

Dans le « Dignare » le rôle des deux grands chœurs se définit de façon singulièrement différenciée, de même que se confirme leur différence de tessitures. La prière à deux voix du premier chœur s’étire en des mélismes psalmodiques en  imitation, tandis que le deuxième chœur assène impassible un chromatisme aussi étrange et intime que fascinant et intense.

 

N°4

Dans le « Christe rex gloriae » les deux choeurs « réunifiés » dans un radieux ré majeur cher à Haendel, rendent hommage au Roi vainqueur de la mort. Après un solo des ténors qui s’affirme face à toute la masse chorale, puis une reprise plus animée du large thème initial au tempo primo,  la coda déborde d’une jubilation trépidante et communicative.

 

N°5

Bien que Berlioz s’en soit défendu en d’autres occasions, et peut-être du fait de son ancienne maturation, le solo de ténor du « Te ergo quesumus » est emprunt d’un lyrisme extatique italianisant. Non moins « opératiques », à la façon des scènes religieuses incérées dans les grand opéras depuis 1830, sont les interventions des sopranes des deux chœurs, ainsi que le choral néo-gothique a cappella qui clos somptueusement ces quelques pages. 

 

N°6

Le « Judex crederis » est sans doute le mouvement le plus colossal écrit par Berlioz. Le thème principal, lancé à toute volée par les grandes orgues, s’entremêle infatigablement avec toutes les voix sur différents plans tonaux, pour culminer dans un unisson monumental d’élégance et de force.

Après une brève rémission, l’orchestre et les orgues, dans un gigantesque carillon proclame avec les trois chœurs le prodigieux  « non confundar », pour finalement embraser sereinement une attente insatiable d’éblouissement.